
Pièce en un acte pour quatre personnages, écrite en français entre 1954 et 1956. Première publication aux Éditions de Minuit en 1957. « Dans Fin de partie il y a déjà cette notion d’immobilité, cette notion d’enfouissement. Le personnage principal est dans un fauteuil, il est infirme et aveugle, et tous les mouvements qu’il peut faire c’est sur son fauteuil roulant, poussé par un domestique, peut-être un fils adoptif, qui est lui-même assez malade, mal en point, qui marche difficilement. Et ce vieillard a ses parents encore, qui sont dans des poubelles, son père et sa mère qu’on voit de temps en temps apparaître et qui ont un très charmant dialogue d’amour. Nous voyons deux êtres qui se déchirent, qui jouent une partie comme une partie d’échecs et ils marquent des points, l’un après l’autre, mais celui qui peut bouger a peut-être une plus grande chance de s’en tirer, seulement ils sont liés, organiquement, par une espèce de tendresse qui s’exprime avec beaucoup de haine, de sarcasme, et par tout un jeu. Par conséquent, il y a dans cette pièce – qui est à un niveau théâtral absolument direct, où il n’y a pas d’immense symbole à chercher, où le style est d’une absolue simplicité –, il y a cette espèce de jeu qu’ils se font l’un à l’autre, et qui se termine aussi d’une façon ambiguë parce que le suspense dérisoire de la pièce, s’il y a suspense, c’est ce fils Clov, partira-t-il ou non ? Et on ne le sait pas jusqu’à la fin. Je dois dire aussi que c’est une pièce comique. Les exégètes de Beckett parlent d’un "message", d’une espèce de chose comme ça. Ils oublient de dire le principal, c’est que c’est une chose qui est une découverte du langage, de faire exploser un langage très quotidien. Il n’y a pas de littérature plaquée, absolument pas. Faire exploser un langage quotidien où chaque chose est à la fois comique et tragique. » (Roger Blin)
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